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Panier  

(vide)


Directrice de collection : gwend@leseditionsbaleine.com

 

C'est une collection de romans populaires, créee par Jean-Bernard Pouy (à gauche) en 1995, et désormais dirigée par Gwennaëlle Denoyers (à droite donc) :

"Le Poulpe est un personnage libre, curieux, contemporain, qui a eu quarante ans en l'an 2000*. C'est quelqu'un qui va fouiller, à son compte, dans les désordres et les failles apparents du quotidien. Quelqu'un qui «démarre» toujours de ces petits faits divers qui expriment, à tout instant, la maladie de notre monde. Ce n'est ni un vengeur, ni le représentant d'une loi ou d'une morale, c'est un enquêteur un peu plus libertaire que d'habitude, c'est surtout un témoin."

Jean-Bernard Pouy

La collection est désormains dirigée par Gwennaëlle Denoyers, qui publie entre 4 et 8 nouveaux titres inédits par an, d'auteurs connus, ou pas, expérimentés ou novices. Des auteurs connus, des premiers romans envoyés spontanément, des stars, des fous, des comiques, des commandes obtenues par chantage ou menace, des tentatives, un atelier d'écriture, des bandes-dessinées, des traductions, des application mobiles, des masques, etc...

Liste des titres par n°

Le Poulpe au XXeme siècle (archives)

 Le Poulpe ? Mais qu’est-ce que c’est ?

C’est une collection de romans noirs populaires. Avec un héros récurrent, Gabriel Lecouvreur, dit le Poulpe. Chaque épisode sera écrit par un auteur différent. Il y aura alternance entre des écrivains chevronnés, des presque débutants et des novices. Chaque auteur ne se coulera pas dans un moule rigide, mais apportera sa version du personnage, en lui faisant vivre des aventures qui respecteront ses préoccupations stylistiques et fictionnelles. Seuls certains points de rendez-vous seront obligatoires pour donner une cohésion à l’ensemble des romans.

De la sorte, on pourra éviter trop de redites, tout en étoffant le caractère du personnage. Chaque auteur a néanmoins la directive de coller le plus possible à ce qui a toujours fait le roman populaire qu’on a aimé, et qui sera annoncé par une couverture illustrée et des titres en forme de jeu. Ce qui va changer, c’est que ces textes seront bien écrits. Ce qui va changer, c’est que s’il y a de la violence, il n’y aura pas fascination de la violence, s’il y a de l’érotisme, ce ne sera pas au détriment de l’image de qui que ce soit.

– Et comment on fait ?

Environ 130/140 feuillets, en gros 200 000 signes. Prévoir un titre rigolo, genre jeu de mots, mais on sera là pour en trouver un au besoin ! Le personnage du Poulpe : Le Poulpe est grosso modo libertaire (au contraire des SAS, Exécuteur, Exécutrice ou autre), du moins progressiste, antifasciste. Mais il ne s’agira jamais de faire du prêchi-prêcha, il ne s’agira pas de coller à une quelconque chapelle politique. C’est dans son comportement et dans le choix de ses opposants que l’on verra la teneur de son engagement général. Le personnage ne dénonce pas tout de go. Mais la lutte opiniâtre qu’il mène contre des opposants bien reconnaissables (pour un libertaire) constituera une dénonciation en soi. Tous les thèmes sont admis (de l’intimisme au planétaire).

Le respect de la bible : Le respect de la « bible » sera un gage d’uniformité. Les auteurs feront en sorte de ne pas complexifier le passé des personnages récurrents pour permettre l’écriture conjointe des textes (le directeur de collection veillera au grain). Il est évident que chaque auteur doit, dans ce cadre relativement précis (voir après), apporter SA version du Poulpe. D’ailleurs, nul besoin d’aller à l’encontre des règles établies par Pouy ; il suffit, et c’est le cas par exemple dans Ouarzazate et mourir, d’Hervé Prudon, d’éclairer certains pans de la personnalité du héros, ou d’en passer d’autres sous silence. Ainsi, le personnage et l’histoire du Poulpe sont en perpétuelle évolution, et s’étoffent au fur et à mesure des contributions dont ils sont l’objet. Les « contraintes » imposées par Pouy sont donc un point de départ, un passage nécessaire à la prise en charge du personnage. C’est le point commun, l’élément fédérateur de tous ces épisodes. En effet, les thèmes choisis, le style de chaque romancier, la mise en valeur de tel ou tel personnage, tous ces points tendent à rendre chaque épisode autonome. Toute la difficulté, et donc tout l’intérêt de cette bible va être, pour l’auteur, de créer une fiction originale et de trouver un ton personnel, tout en se conformant aux volontés de Pouy. Il est normal, dans ces conditions, que l’univers du Poulpe ne soit pas figé.

Aussi, si dans les premiers épisodes de la série, à l’instar de La Petite écuyère a cafté, l’action se déroule en France, il paraît évident que la série va s’internationaliser. À cela, deux raisons : d’abord, éviter un risque de répétition ou de reprise de ce qu’un autre a déjà écrit dans un épisode précédent. La deuxième raison est d’ordre politique : les axes de lutte et les thèmes abordés par les écrivains, s’ils trouvent leurs origines en France, peuvent avoir des liens ou des conséquences à l’étranger, comme c’est le cas dans Bunker menteur, d’Olivier Douyère, où le Poulpe se trouve confronté à une terrible affaire de pollution, qui, si elle trouve ses racines en France, a des ramifications jusqu’en Albanie. Situer l’action dans des pays étrangers a donc le double intérêt de dépayser le lecteur et d’éclairer les enjeux politiques d’un point de vue beaucoup plus large. Il ne faut pas non plus croire que toutes les aventures du Poulpe vont se dérouler à l’étranger, ce qui donnerait l’image fausse d’un baroudeur international. Il est bien sûr hors de question de passer sous silence ce qui fait du Poulpe un personnage de polar si particulier : ses méthodes. N'étant absolument pas mandaté par la loi pour faire régner l'ordre, à l'instar des enquêteurs traditionnels, le Poulpe n'entretient avec la loi que des rapports très distants, et éminemment conflictuels, ce qui n'a, au demeurant, rien de choquant pour un anarchiste. Dans cette série, la police est représentée par un inspecteur des Renseignements généraux, Jacques Vergeat, dont la bêtise et la vacuité se conjuguent à une haine viscérale pour Gabriel. Il faut dire que leur façon d'agir diffère grandement. En un mot, le Poulpe n'agit que par instinct. C'est au Pied de porc à la Sainte-Scolasse que démarrent toutes ses enquêtes. Au début, il « plonge distraitement le regard » dans le journal, générale3 ment Le Parisien, puis il ressent vite « ce picotement si caractéristique à l'arrière du bulbe », signe avantcoureur de l'appel de l'aventure. Cette scène se répète, avec quelques variantes, dans chaque épisode du Poulpe, et constitue le point de départ de l'enquête (et le point d'accroche avec l'exposition du premier chapitre). Le Poulpe est sujet à des changements, il évolue, et surtout son passé ne nous est délivré que par bribes et allusions. Ce n'est donc pas un personnage figé, ni même un héros en construction, mais plutôt un personnage en reconstruction permanente. Cet état de fait résulte directement du changement constant d'auteur, qui permet le renouvellement.

3. Oui, mais concrètement ?

Les obligations de construction : Les deux premières « séquences » seront, en gros, toujours identiques :

1. La première scène sera l’annonce du « sujet » traité. C’est le drame (ou l’affaire) sur laquelle le Poulpe va travailler. C’est une scène (forte bien sûr) qui se déroule en dehors de lui.

2. La deuxième scène découle de la première : Gabriel, comme tous les matins, boit son café (ou déjeune) dans son bar préféré, Au pied de porc à la Sainte-Scolasse, lit des faits divers et en discute. Il s’engueule souvent avec Gérard, le patron du bar, à propos justement de ces faits divers sur lesquels ils ont toujours des versions et explications différentes. C’est pour cette raison que, toujours mouché par la grande gueule de Gérard, il décide d’y aller voir de plus près.

3. La scène finale peut être réservée à une discussion avec Gérard (ou clients) au café-bar, ou, même révélant certains dessous de l’affaire traitée : on ne le croira jamais.

4. En sus : Gabriel (ou, c’est possible, un autre personnage de rencontre, mais à condition qu’il le fasse plusieurs fois) devra citer (sinon abondamment du moins suffisamment) un livre culte (réel ou inventé).

4 bis. Gabriel est grand amateur de bière (il est anti-vin), on pourra en profiter pour vanter certaines bières locales ou inconnues. Tous ces « rendez-vous » et ces « obligations » sont uniquement là pour établir un lien entre les auteurs, pour permettre une unité. Ils suffiront, à chaque fois, pour reconnaître le personnage.

Les personnages :

Gabriel Lecouvreur, dit le Poulpe.

Né un 22 mars 1960 à Paris 11e : oui, c’est vrai, mais étant donné que la série continue, il sera préférable de ne plus faire mention précisémment de son âge ; le Poulpe est plutôt à considérer comme un éternel quadra. Brun, cheveux un peu bouclés. Grand, 1,85 mètre, normalement musclé. Peau blanche (taches de rousseur sur les épaules). Un petit tatouage (un A entouré d’un cercle, datant de l’armée) sur le biceps gauche. Un peu lourdaud, grands bras envahissants dont il ne sait, apparemment, que faire, longues jambes un peu gauches (c’est pour cela qu’on le surnomme le Poulpe). Ne fait pas très attention à sa tenue vestimentaire. Aime quand même les casquettes. A son franc-parler (mais il est cultivé, souvenirs de fac). Adore se déguiser, se grimer, jouer des rôles pour les besoins de son enquête. 4 Père imprimeur, mère sans profession. Fils unique (ses parents sont morts dans un accident de voiture quand il avait cinq ans). Élevé par son oncle paternel et sa tante (Tonton Émile et Tata Marie-Claude, commerçants – ils tenaient une quincaillerie, d’où la bonne connaissance de Gabriel en bricolage divers). Décédés eux aussi (Émile de maladie, les poumons, et Marie-Claude de chagrin), il lui ont laissé un pécule suffisant, par héritage, qui a juste permis à Gabriel de survivre et d’échapper au salariat en ne prenant que des petits boulots. Gabriel vit à l’hôtel et en change souvent (établissements modestes). C’est en effet plus pratique, et il se refuse à laisser des traces trop prégnantes (impôts, EDF, téléphone). La discrétion est de mise dans toutes ses enquêtes. Recherché par la police, ou plutôt surveillé pour ses agissements trop mystérieux pour être honnêtes, le Poulpe est un personnage étrange qui pique la curiosité des forces de l’ordre. Gabriel sait se battre, (genre baston de rue) mais, comme disaient les gauchistes de tout poil, l’ennemi court toujours moins vite qu’une balle de revolver. Est plutôt du genre bricolo. À chaque fois, il se démerde. Études assez bordéliques (plusieurs lycées dans les années post 1970), mais le Bac en 78, deux années de fac, petits boulots en tous genres, activisme un peu débridé mais jamais démenti et, gaulé sur un coup foireux (attaque d’une librairie d’extrême droite en 79), envoyé aux armées disciplinaires où il apprend le maniement des armes. Depuis qu’il a été recueilli par son oncle et sa tante, a vécu longtemps dans le 11e, rue Basfroi. C’est pour cela qu’il fréquente toujours le café-bar Au pied de porc à la Sainte-Scolasse, avenue Ledru-Rollin dans le 11e, tenu par Gérard, un des plus proches amis du Poulpe. Gabriel est ce qu’on pourrait appeler, sexuellement, un pervers polymorphe. Rien, a priori, ne lui fait peur.

Cheryl : Il a une amie, Cheryl, un peu plus jeune que lui, née à Vitry-sur-Seine, conçue pour contrer «les potiches de la haute »Coiffeuse et propriétaire d’un petit salon rue Popincourt (voir annexe), avec laquelle il noue et maintient des relations sexuelles et amicales, chacun restant sur la défensive. Il la connaît depuis l’école de la rue Saint-Bernard, et peut compter sur elle en cas de coups durs (blessures ou repos du guerrier : voir annexe, son appartement). Cheryl est la « régulière » de Gabriel. Mais, comme lui, en toute compréhension, a de nombreuses aventures sans lendemain. Leur mutuelle « fidélité » est celle du coeur. En aucun cas ils ne pourront se séparer vraiment, à part le temps d’une aventure, pour mieux se retrouver. Cheryl est blonde, tirée à quatre épingles, un corps formidable et peut avoir, en certaines occasions, un langage de charretier. Mais se pique de distinction et d’élégance. Connaît tous les potins du quartier. Intelligente, et suffisamment cultivée pour épater Gabriel de temps en temps. Nantie d’un certain francparler qui la rend invariablement de bon conseil, elle n’a rien d’une potiche qui attend son aventurier en tremblant. Cheryl, contrairement à tous les autres personnages de la série, est la seule à demeurer en relation avec Gabriel pendant le déroulement de l’aventure. Les parents de Cheryl se sont vite installés rue de Charonne, dans le 11e (au 77), juste en face du Palais de la Femme (siège d’un refuge pour femmes en difficulté, géré par l’Armée du Salut). Son père, Raoul, était tapissier à son compte (dans la cour du 77). Sa mère (au curieux prénom d’Enorie) était femme au foyer. Ses parents, à la retraite, habitent une petite maison à côté de Nîmes, à St-Bonnet-du- Gard, au bord de la Nationale 86. Cheryl a fait ses classes de primaire à l’école de la rue Saint-Bernard, où elle a rencontré Gabriel, puis s’est arrêtée à la fin de le troisième pour faire coiffure à l’Institut Carita. Son salon de coiffure, rue Popincourt, a été payé par ses parents qui, partant dans le sud, ont revendu leur boutique de tapissier.

Gérard… et Maria, Vlad et Léon : Celui-ci est d'autant plus important qu'il constitue souvent le point de départ des aventures du Poulpe. En effet, c'est le cafetier qui lui donne le journal, ou qui commence à évoquer telle ou telle affaire. 5 Il est le détonateur de l'action. Il y a quelque chose d'irrésistible dans leurs conversations, qui provient peut-être du contraste entre la finesse d'analyse de Gabriel et la lourdeur pataude de Gérard. Gérard est un personnage éminemment attachant. On en a la preuve dans Lundi, c'est sodomie, de Romain Goupil, où Maria, sa femme, est atteinte d'un cancer. Lors d'une visite à l'hôpital, on découvre, en demi-teinte, un Gérard beaucoup plus tendre qu'à l'accoutumée, qui, « après un rapide baiser, s'affairait dans la chambre comme un gamin ». Il a environ 60 ans, échalas ventru, moustachu et fort en gueule, originaire de Sainte-Scolasse près d’Alençon. Il est aidé par sa femme Maria, d’origine espagnole, petite bonne femme nerveuse et secrète, mais gentille et maternelle. Elle sert également en salle. Ayant bien connu les parents de Gabriel, elle est devenue très proche du Poulpe. Le caractère épais de son mari contraste avec le sien. Elle est la pièce motrice du Pied de porc à la Sainte-Scolasse. Il y a un aide cuisinier, Vlad, un grand roumain ombrageux, travailleur, vaguement clandestin, bien qu’on ne sache pas trop. Vlad, d’après Gérard, était un grand médecin en Roumanie, avant de choisir, en 75, de quitter définitivement son pays. C’est un personnage réservé, dont les apparitions sont brèves, mais régulières. C’est dans J’irai faire Kafka sur vos tombes, de Michel Chevron, qu’il revêt une importance supplémentaire, puisque c’est par son intermédiaire que va débuter l’aventure. Nul doute qu’il forme, avec Gérard et Maria, le trio indissociable du café-bar. Il y a aussi Léon, un vieux berger allemand paranoïaque, mort dans les derniers épisodes, mais récemment remplacé par un autre, Léon II.

Pedro (accessoire, mais pourquoi s’en priver ?) : Gabriel maintient des relations amicales avec un vieil imprimeur catalan rangé des voitures, Pedro (ambiance début de siècle, mi-apache mi-brigadiste), 65 ans, ancien copain de travail de son père, avec qui il s’engueule gravement (généralement pour des questions extra-idéologiques, du genre sportif, érotique ou autre). Ce « vieil anarchiste catalan » possède une imprimerie clandestine sur sa péniche. Habitué à se méfier de la police et de l'État (il a « connu les privations et les atrocités des geôles fascistes »), il possède toute une panoplie de faux-papiers qui servent régulièrement à Gabriel. De même, il est « depuis toujours fournisseur d'armes pour les bonnes causes et les vrais amis ». Ce personnage, possède lui aussi des caractéristiques très particulières, qui en font un élément important de la fiction : sa vie sur la péniche, son « goût pour le parler codé », son passé de résistant à l'oppression fasciste (il était membre de la colonne Durutti), jusqu'à ses cigarettes Seita, tout concourt, d'une part à entourer ce personnage d'un halo de mystère, et d'autre part à susciter l'intérêt et l'attachement. Jacques Vergeat (accessoire) : Gabriel a un ennemi récurrent (mais accessoire),

Jacques VERGEAT (59 ans), fonctionnaire aux RG au bord de la retraite, qui le piste à la trace et ne le rattrape jamais. Chauve, solitaire, maniaque vestimentaire, amateur de bon vin, pervers et opiniâtre. Ce personnage peut ne pas être important, mais si la LOI apparaît, ça se fera à travers lui, qui est le seul à instruire la vraie « croisade » de Gabriel.

Le Polikarpov, son avion : Gabriel a une seule passion, son avion, qu’il a racheté à la casse et qu’il a remonté dans un hangar de l’aérodrome de Moiselles (Val d’Oise). Il n’a pas son permis de pilote, mais pense toujours le passer. Néanmoins, il pilote quand même. Ce zinc est un Polikarpov (avion russe servant aux Républicains de la guerre d’Espagne, surnommé la Mosca par les républicains et la Rata par les fascistes), que le Poulpe tente, tant bien que mal, de réparer entre chaque aventure. N'étant logiquement pas rémunéré, le peu d’argent (ou quelques biens) qu’il réussira, dans chaque nouvel épisode, à taxer, lui servira bien sûr à continuer à vivre tranquille, mais essentiellement à faire refaire des pièces compliquées ou introuvables pour son avion (on peut prévoir une scène, quasi finale, avec discussions avec le mécano en chef local, Raymond, 55 ans, bourru, jamais d’accord, n’aimant que le matériel moderne, et ayant une fâcheuse tendance à se moquer de Gabriel le « rampant »).

6 Tous ces personnages sont nantis d'une importante épaisseur psychologique. Simple connaissance ou relation proche, tous contribuent à tisser un monde cohérent et complet.

5. Les lieux : 1. Café-restaurant Au pied de porc à la Sainte-Scolasse : Avenue Ledru-Rollin, entre la rue de Charonne et la place Léon-Blum. C’est un café-restaurant assez typique, mais pas vraiment ancien, à la décoration plutôt années soixante : lampes orange, tables vernies, chaises paillées plastique, zinc traditionnel, papier peint marron clair à motifs, plantes et fleurs en pots (la patronne a la main verte). D’un côté, le bar, assez petit (où règnent Gérard et les habitués), avec quelques tables devant la vitrine, dont celle où s’installe Le Poulpe. De l’autre côté, une salle à manger où le Tout-Paris vient simplement déguster le plat local, unique dans la capitale. Aux murs, un agrandissement d’une ancienne carte postale représentant la place de la Mairie de Sainte-Scolasse. Et un panneau, décoré à l’ancienne, rappelant « l’histoire du pied de cochon ». Gérard tient le bar et, à midi, fait la cuisine (à part le fameux pied de porc, il concocte d’excellents plats du jour). 2. Salon de coiffure et appartement de Cheryl (accessoire) : Rue Popincourt, Cheryl Coiffures est un petit salon de quartier à la clientèle en tous genres, nombreuse et fidèle : mémères et jeunes filles à la mode. Le décor est moderne : glaces, matériel, photos, plantes vertes, tendance gris-jaune chic. Cheryl a toujours deux aides avec elle, de jeunes stagiaires issues de l’école de coiffure, à qui elle apprend le boulot et qu’elle forme magnifiquement. Son appartement, au-dessus du salon, est un trois-pièces élégant avec, surtout, une chambre « à l’américaine » (Cheryl adore Marilyn Monroe, Elsa Martinelli et Michelle Pfeiffer), rose, couvre-lit en fourrure synthétique rose, table de nuit et table de coiffure un peu « poupée Barbie ». D’anciennes peluches (tout une famille kangourou) trônent sur le lit. Gabriel éprouve, pour ce décor, un étrange sentiment d’amour-haine ; il s’y sent bien mais le lurex le fait invariablement éternuer. Dans sa petite cuisine, Cheryl tente de faire la cuisine. Elle se plante, elle n’est pas vraiment cordon bleu (source de conflit temporaire avec Gabriel). Ces deux lieux sont, bien sûr, des lieux « populaires ». Mais en aucun cas les auteurs ne devront faire de discours distancié, moqueur ou « péjoratif » sur eux. Ce sont des lieux où le plaisir du discours peut se tenir, où Gabriel se sent bien, ce sont ses bases en quelque sorte.

7 Quelques conseils pour la rédaction du manuscrit, qui faciliteront le travail de la maquettiste, puis celui de la correctrice ! Si cela vous paraît trop contraignant, n’en tenez pas compte, ou partiellement. Ce sont simplement des indications qui nous permettent de faciliter le travail des gens qui transforment votre manus’ en vrai livre ! Et ça ne coûte pas grand-chose de vous en faire part… – Rendu du manuscrit en format Word (.doc). – Ne pas faire de mise en forme « artificielle » : de simples retours chariot suffisent (pas de tab, ni de retraits), saut de page pour chaque nouveau chapitre… – Le bar de Gérard s’écrit Au pied de porc à la Sainte-Scolasse : pas de guillemets, pas d’ital, pas de majuscules intempestives. – Accentuer les capitales (majuscules) : À, É, Ç, Î, etc. – Italique pour tous les titres d’oeuvres – livre, chanson, oeuvre d’art… (et non les guillemets). – Tiret dialogue long : —, et pas de guillemets. – Tiret court pour les incises : – – Âges et années en chiffres arabes : « Il avait 10 ans en 1992. » – Concernant les mesures, les poids, les quantité et autres : il est préférable d’écrire tout cela au long. – Heures en chiffres arabes : « Il est 11 heures. » et « Il est 11 h 32.

Directrice de collection : gwend@leseditionsbaleine.com